Traitements en cas de crise

Dans tous les cas, seul l'avis du médecin spécialiste est à considérer. Les informations ci-dessous sur les traitements sont données à titre indicatif.

Un numéro d'urgence est disponible 7/7, 24/24, mis en place par le centre de référence de Grenoble: 06 74 97 36 88

Concernant les traitements, il existe des consensus internationaux rédigés par des groupes d’experts. Les angioedèmes héréditaires de type III étant de découverte plus récente que les types I et II, il existe encore peu de données sur le traitement de ces derniers.

À partir des données de la littérature, nous ferons donc la distinction entre le traitement des AOH de types I et II et des AOH de type III.

• Pour les AOH de types I et II

→ L’acide alpha aminocaproïque (antifibrinolytique)

Il a montré son efficacité dans certains cas tout d’abord comme traitement de fond. En France, nous utilisons un autre antifibrinolytique : l’acide tranexamique. Il est proposé en première intention compte tenu de sa bonne tolérance. Il présente aussi une efficacité certaine en cas de crise où il peut être donné par voie orale ou intraveineuse à la dose d’un gramme toutes les quatre heures pendant au moins 24 heures (10 mg/kg/6 h chez l’enfant). L’administration doit être très précoce car si l’oedème est déjà installé, son efficacité peut-être diminuée. Les contre-indications sont les situations à risque de thromboses artérielles et veineuses. Il peut être utilisé chez la femme enceinte.

→ Le concentré de C1Inh

Il s’agit d’un produit stable dérivé du sang. En 20 ans d’utilisation clinique et plus de 400 000 patients traités dans le monde, aucun cas de séroconversion virale n’a été rapporté. Les principales indications du concentré de C1Inh sont les crises graves (oedèmes laryngés, crises abdominales sévères) et la prophylaxie (préparation en vue d’une intervention chirurgicale urgente). Il a obtenu son AMM en 2009 grâce à l’étude IMPACT. Il est administré en intraveineux, à la dose de 20 U/kg. La réponse est rapide dès la 20e minute ; les crises laryngées disparaissent totalement en 15,3 h +/- 9,3 h (vs 100,8 h +/- 26,2 h sans traitement). Il est recommandé que les patients à risque (ayant des oedèmes fréquents, ayant fait un oedème laryngé ou faisant des oedèmes de la face) en disposent à domicile.

→ Le Firazyr

C’est un antagoniste des récepteurs B2 de la bradykinine, il s’agit d’une nouvelle alternative thérapeutique évaluée depuis 2004. Le produit s’utilise à la dose de 30 mg en injection sous-cutanée (seringue préremplie de 3 ml).

Bork et al. ont reporté les données du traitement de 20 crises chez 15 patients. Le délai du début de l’amélioration des crises était en moyenne de 0,45-0,58 h et celui de disparition complète des symptômes de 4 heures. Son efficacité a été confirmée dans une étude de phase III (FAST 2).

Le Firazyr a été utilisé chez plus de 1 022 patients. Aucun effet secondaire grave n’a été rapporté, aucune réaction allergique ni anaphylactique. L’AMM a été obtenue en France en juillet 2008 pour le traitement des crises d’angioedème héréditaire (associé à un déficit en C1Inh). Tout patient à risque doit pouvoir en disposer à domicile. Pour l’instant, le traitement n’est pas indiqué chez l’enfant ni chez la femme enceinte.

• Pour les AOH de type III

→ Peu de données publiées sont disponibles à l’heure actuelle pour guider la prescription. L’acide tranexamique est indiscutablement efficace en cas de crise (un gramme toutes les quatre heures) et en traitement de fond (un gramme trois fois par jour en général).

→ Le concentré de C1Inh est utile dans les crises graves (douleurs abdominales graves, oedèmes laryngés).

→ Le Firazyr s’avère aussi efficace : nous venons de publier les cas de 3 femmes ayant répondu positivement à ce traitement.

En pratique

Les traitements de crise utilisés pour les angioedèmes bradykiniques sont les mêmes que ce soit pour les types I, II ou III.

Le patient doit bien connaître ses traitements de crise et savoir identifier rapidement les crises sévères qui peuvent mettre en jeu son pronostic vital. Il doit distinguer 2 types de crise : les crises modérées et les crises sévères.

Crises sévères

Une crise est dite sévère si elle concerne les parties supérieures du corps ( au dessus des épaules, soit cou, visage,...) ou le ventre.

Le traitement des crises sévères repose sur l’administration en urgence de concentré de C1Inh en IV lente à la dose de 20 U/kg ou de Firazyr (antagoniste des récepteurs B2 de la bradykinine) à la dose de 30 mg en sous-cutanée. Il est conseillé d'administrer le traitement en début de crise, afin de bénéficier d'une meilleure efficacité.

Il est indispensable que tout patient ait son traitement de crise sévère sur lui ou à proximité.

Crises modérées

Le traitement des crises modérées repose sur l’acide tranexamique à la dose de 1 à 2 g toutes les 4 heures. Ce médicament s'étant révélé efficace dans certains cas (de nombreux cas d' inefficacité ont toutefois été constatés)